Nous deux

Un couple

Deux hommes bi, pansexuels, amoureux des femmes : une histoire taboue, invisible ? Peut-être. Et c’est bien ce qui nous a poussé à nous montrer, nous rendre public, et à créer ce site, parce que ce qui est invisible n’existe pas.

Dans un monde (hétéro)normé, un couple c’est une femme et un homme. Plus récemment, dans certains pays, il a été admis (jusqu’à être légalisé) qu’un couple cela pouvait être deux hommes ou deux femmes. Dans certains cercles, libertins surtout, deux femmes qui s’embrassent avec envie, avec fougue, sont un régal aux yeux de certains et de certaines : elles sont joueuses, coquines, ouvertes d’esprit. Mais qu’en est-il de la bisexualité masculine ? Combien de fois deux hommes se sont embrassés langoureusement dans une soirée libertine, se sont dévorés avec envie ? Et combien de femmes nous ont confié que de voir deux hommes complices, sensuels, était également un régal pour leurs yeux ? Les établissements libertins (clubs ou saunas) considèrent-ils un couple d’hommes (ou un couple de femmes) comme un couple et leur appliquent-t-ils, à ce titre, le tarif “couple” ? De la même manière, les sites libertins donnent-ils la possibilité aux couples de même sexe de créer un profil ? Quelle est la norme au Cap d’Agde, haut lieu symbolique du libertinage ?

Notre envie et notre plaisir de partager nos moments, notre intime, comme nous l’expliquons sur les pages de ce site, s’est mêlée à une envie (un besoin ?) de revendication.

Une histoire invisible, ce site raconte ce que nous vivons.

L‘histoire.

2017. Le 22 décembre pour être précis. On s’est rencontrés pour un trio.
Au commencement était la Femme, amante de l’un de nous deux, qui voulait « coquiner » (oui, c’est comme ça qu’on dit : « coquiner ») en trio avec un autre homme, bi. Bi, impérativement, pour pouvoir démultiplier les plaisirs. Pourquoi se limiter ?
Elle, elle aimait ça, voir deux hommes s’amuser ensemble. Et Lui, il était clairement dans cette même recherche. Après plusieurs prises de contact avec des hommes seuls inscrits sur le site Wyylde, un trio a pu s’organiser.

Mais au-delà de ce trio, il s’est créée entre nous deux une osmose pour le moins immédiate, qui n’a laissé place à aucun doute.
Quelques jours plus tard, le 3 janvier 2018, on a voulu remettre ça. Revivre ce trio. On s’est retrouvés dans un hôtel, quartier Montmartre. Après des retrouvailles débridées, on est partis pour une balade nocturne. Traversant le square Montmartre, on a vu la statue du Chevalier de la barre. L’histoire de cet homme condamné pour ne pas s’être prosterné ni n’avoir ôté son chapeau devant une procession.
Ca nous correspondait bien, ça, ne pas nous prosterner face à la morale, à l’hétéro-norme sociale, aux préjugés homo ou biphobes. Et ça nous allait bien, ça, de devenir un duo de Chevaliers, en référence, mémoire, hommage au Chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre, libre penseur né le 12 septembre 1746 au château de Férolles-en-Brie et exécuté à Abbeville le 1er juillet 1766.

L‘envie (manifeste)

Nous, inlassables curieux, assoiffés de nouvelles aventures à vivre et à revivre au fil des rendez-vous plus ou moins réguliers avec chacune, à faire découvrir notre folie à celles qui veulent bien nous suivre ; Stakanovistes du plaisir, doux-dingues hédonistes, poètes polyamoureux, on s’est trouvés – voilà, aussi simple que ça – dans le plaisir que l’on se donne l’un à l’autre, dans la tendresse que l’on (se) partage, dans nos caresses réciproques, et dans le plaisir que l’on aime donner aux femmes en étant, restant nous-mêmes.

Entre nous.

De la tendresse, avant tout. Du contact, du charnel, du partage, des conneries à faire, des coups-de-têtes, dans le même désir de tisser des liens, toujours plus intimes et plus denses avec nos partenaires. Profondément adeptes de relations au long court, on fuit les one-shot, les coups d’un soir, les sans-lendemain. C’est ainsi que quelque fois, certaines nous ont piqué notre appareil photo, ou sortent leur portable. Parce que par l’intimité qui nous lient, elles ont envie, elle aussi, de figer l’instant, d’en garder une image inaltérable, à partager, à donner. Parce qu’elles nous trouvent beaux. Enfin c’est ce qu’elles nous disent, et on a la faiblesse de les croire. Soit disant ces femmes se délectent de voir deux hommes ensemble. De nous voir complices et sensuels…

En ballade